Bayrou a osé
« Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. » (Beaumarchais)
Quand on n’est pas d’accord avec quelque chose, il faut le dire. Il faut aussi rester fidèle à ses idées.
Quand on se trompe sur le compte de quelqu’un, il faut le dire aussi.
Le 15 avril, j’écrivais le chose suivante sur ce blog : « Disons les choses clairement, si comme je le pense, François Bayrou est éliminé dés le premier tour, il n’aura que trois options :
- La première est de montrer qu’il veut vraiment battre Nicolas Sarkozy en appelant à voter pour Ségolène Royal au deuxième tour. Dans ce cas, comme Ségolène Royal a dit que toute personne appelant à voter pour elle au second tour ferait partie de sa majorité présidentielle, il se retrouve dans la majorité présidentielle nouvelle avec le PS, le PRG, le MRC et probablement le PC et les Verts oui mais là, il se coupe de son appareil et de ses militants qui sont de droite donc quand bien même il obtiendrait des circonscriptions réservées par le PS, il aurait grand mal à se trouver des candidats. Cette hypothèse courageuse signifierait sa mort politique.
- La deuxième consisterait à rejeter Nicolas Sarkozy mais à ne pas appeler à voter pour Ségolène Royal. Venant d’un homme de droite, tout le monde comprendrait cela comme un soutien implicite à Ségolène Royal mais sans volonté de faire partie de la majorité présidentielle histoire de conserver sa troisième voie ouverte. Dans ce cas, l’UMP rompt tous les accords qu’elle a avec l’UDF et là… c’est la mort politique de François Bayrou.
- La troisième est que François Bayrou appelle à voter Nicolas Sarkozy. Dans ce troisième cas, ses électeurs venus de la gauche ou ne supportant pas Sarkozy se sentent cocus, l’UDF garde un groupe parlementaire mais la démarche ni droite ni gauche est reniée par son auteur et donc… c’est la mort politique de François Bayrou
Je vous donne mon pronostique pour le soir du 22 avril : Si François Bayrou est éliminé, il appellera à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour… comme il l’a toujours fait. Si vous êtes de gauche et que vous avez mangé des pommes en 1995, ne faites pas la même erreur en montant sur le tracteur en 2007. »
Sur Nicolas Sarkozy, il dit : « Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche. »
Sur Ségolène Royal, il dit : « Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand il était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à l’égard du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre. »
Ses propos sur le candidat de l’UMP sont d’une sévérité jamais vue de la part d’un leader de l’UDF à l’encontre d’un leader de l’UMP. Plus tard au cours de la conférence de presse, François Bayrou ira même jusqu’à condamner la façon dont sont traités les élus de l’UDF au Conseil Général des Hauts-de-Seine.
Certes, il se montre en désaccord sur le niveau économique avec Ségolène Royal en particulier à cause du problème de la dette mais la sévérité de son propos à l’égard de notre candidate n’a rien à voir avec ce qu’il dit de Nicolas Sarkozy.
Je ne sais pas où ira sa troisième voie ; je ne sais pas quelle position prendront les élus de l’UDF, s’ils auront le même courage que lui face au risque que représente Nicolas Sarkozy et il faudra bien examiner ceci pour connaître les chances de viabilité du nouveau Parti Démocrate que François Bayrou veut créer mais aujourd’hui, François Bayrou vient de démontrer qu’il en avait dans le ventre. J’ai bien peur pour lui cependant que l’UMP ne lui fasse payer très cher son audace.
Monsieur Bayrou, je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur le fait que le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal va nuire à la créativité de notre économie mais sur le fait que vous alliez au bout de vos convictions je vous dis : « chapeau » !