Avec Nicolas Sarkozy, tout devient possible... Et c'est ça qui fait peur !

Publié le par Nicolas Gatineau

 Je viens de regarder une partie de la cérémonie d'investiture de Nicolas Sarkozy dont les résultats et son discours.

 Sur les résultats d'abord, aucune surprise : Nicolas Sarkozy est investi à 98,1% des suffrages exprimés. Ce score n'a rien d'étonnant vu qu'il n'y avait q'un seul candidat autoproclamé. D'ailleurs, 31% des militants de l'UMP ne se sont pas trompés sur l'inutilité de ce vote de plébiscite alors que 82% des militants socialistes eux avaient jûgé utile de faire l'effort de se déplacer afin de choisir entre trois candidats.

 Mais cessons de comparer ce qui n'est pas comparable. Il reste une chose à retenir, le discours de Nicolas Sarkozy, un véritable morceau de bravoure digne d'un grand acteur.

 On y voit Nicolas Sarkozy jouer pour la première fois la carte de l'humanité et de l'émotion disant qu'il voulait enfin montrer sa face cachée, celle d'un fils d'immigré qui a souffert dans sa vie professionnelle et dans sa vie personnelle, celle d'un homme qui aime la France qui se bat ,qui est elle même et qui se bat pour la justice, n'hésitant pas à citer en exemple de grands Français de gauche ou de droite de Guy Mocquet au Général de Gaulle en passant par Zola, Mandel et même Jaurès et Blum ! Cet homme qui s'assume de droite (c'est son droit) tend la main et aux électeurs de gauche et à ceux de l'extrême-droite ; c'est  ce qu'on appelle ratisser large où je ne m'y connais pas.

 A un moment, Nicolas Sarkozy cite en exemple le projet moderne, trop moderne sans doute à son époque de "Nouvelle Société" de Jacques Chaban Delmas, projet rejeté en son temps par la frange la plus réactionnaire de la Droite et du CNPF parce que trop progressiste. Nicolas Sarkozy dit qu'il a appris la politique aux côtés des hommes de la Libération (je me suis même demandé à un moment s'il n'allait pas revendiquer la Médaille de la Résistance pour celà).

 La réalité est que Nicolas Sarkozy a bien une face câchée mais pas ce qu'il a montré aujourd'hui.

Lui qui prétend vouloir garantir l'indépendance de la France face aux Etats-Unis est un Néo-Cons tendance Bushiste.

Lui qui revendique la laïcité revendique l'apport du religieux dans le politique et remet en cause la laïcité en n'hésitant pas à faire ami-ami avec l'UOIF, autrement dit, une branche minoritaire de l'Islam de France, proche des Frères Mulsumans, comme le FIS en Algérie s'il est besoin de préciser.

Je vous renvoies vers le très bon dossier publié par le PS "Les Inquiétantes Ruptures de Nicolas Sarkozy"

Vous découvrirez donc le vrai visage du candidat de l'UMP.

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Publié dans Billets d'Humeur

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C
Bonjour,Je suis jeune (20 ans) et je ne sais pas encore pour qui je vais voter. Cependant, je n'arrive pas à me faire à l'idée de voter pour quelqu'un qui n'a selon moi n'a pas assez prouvé politiquement parlant, et qui ne connaît pas les bases simples de l'économie.Je ne dis pas que Nicolas Sarkozy n'a pas de défauts, mais je ne comprends pas qu'on lui fasse un procès d'intention pour le fait qu'il dites-vous "ratisse large", alors même que Mme Royal est pratiquement passée à droite!Je voudrai ainsi simplement pouvoir découvrir les vraies différences qu'il existe entre ces deux candidats.
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N
            Chère Caroline,<br /> <br />  <br /> <br />            Je vous remercie de votre commentaire et je comprends bien les questions que vous-vous posez et qui sont légitimes.<br /> <br />  <br /> <br />             La première de ces questions est, si je résume bien le fond de votre pensée, que vous-vous demandez si le manque d’expérience de Ségolène Royal au niveau politique et plus encore au niveau économique ne lui poserait pas problème pour exercer la haute fonction à laquelle elle inspire. Cette question, il est normal que vous-vous la posiez étant donné qu’un grand nombre de militants socialistes se la sont posée avant vous.<br />             La réponse à cette question mérite d’être développée.<br />             Certes, Ségolène Royal n’a jamais exercé de fonctions dans un ministère « important » (Justice, Intérieur, Economie, Education Nationale) et n’a jamais été Premier Ministre –pour ne parler que de charges exercées à un moment où un autre par tous les Présidents de la Vème République mais contrairement aux idées reçues, elle est une femme politique d’expérience et on lui doit certains progrès dans des sujets transverses et délicats.<br />            Sa véritable carrière politique commence lorsque Jacques Attali, Conseiller Spécial du Président François Mitterrand, la fait entrer à l’Elysée comme Chargée de Mission pour les questions de santé, d’environnement et de jeunesse. Le travail de Ségolène Royal consiste donc entre 1982 et 1988 à rédiger des notes sur tous ces sujets. Donc, Ségolène Royal fait ses premières armes au plus proche du sommet du pouvoir avec Jacques Attali, un grand humaniste, économiste, visionnaire et dans l’administration centrale de la présidence de François Mitterrand, l’un des deux plus grands Présidents de la Vème République (l’autre étant Charles de Gaulle bien entendu). En fait de première expérience, je crois qu’il est difficile de trouver mieux qu’une période où dans les domaines sur lesquels Ségolène Royal travaillait pour le Président, on a vu l’apparition du SIDA, l’affaire des fûts de dioxine de Seveso, la catastrophe de Tchernobyl etc… c’est sur ce type de sujets délicats que Ségolène Royal a eu à travailler même si ce n’est pas elle qui avait la responsabilité, elle n’était que conseillère.<br />             En 1988 elle convainc François Mitterrand qui vient d’être réélu face à Jacques Chirac de lui donner une circonscription où être candidate pour les législatives. Elle est donc envoyée dans la 2ème circonscription des Deux Sèvres la veille de la clôture des candidatures en remplacement d’un candidat qui doit lui laisser la place. En politique, c’est ce qu’on appelle un parachutage. En général, les militants d’une circonscription qui fait l’objet d’un parachutage n’aiment pas trop ça, à moins qu’on leur envoie un ténor et encore, il faut qu’il vienne un an avant. Ségolène Royal, totale inconnue à l’époque (sauf du microcosme), femme, parachutée par l’Elysée en ces terres de droite, citadine envoyée en pleine campagne n’avait strictement aucune chance d’être élue, c’était perdu d’avance et bien elle fut pourtant élue au second tour à 50,57% des voix. Ca n’a l’air de rien mais n’importe quel député, n’importe quel candidat aux législatives de quelque parti qu’il soit pourra vous dire l’énergie que ça demande d’aller tenter de convaincre les gens de voter pour lui, même quand on est dans une circonscription soit disant acquise alors, quand c’est défavorable… Pour gagner une circonscription comme la 2ème du 79 en y étant parachuté, soit il faut avoir une baraka à toute épreuve et il faut courir jouer au loto immédiatement, soit il faut avoir un grand sens politique donc, écouter les gens, les comprendre, leur proposer quelque chose. En deux mois, il faut être un politicien redoutablement costaud pour y arriver surtout quand on a que 35 ans (ce qui est jeune à l’Assemblée Nationale). Maintenant Caroline, vous me direz que Ségolène Royal a bénéficié de la réélection de François Mitterrand deux mois plus tôt. Sans doute mais mesurez bien ceci : Ségolène Royal a été réélue député de cette même circonscription des Deux-Sèvres même à l’occasion des deux plus sévères défaites que le Parti Socialiste ait connues : 1993 et 2002. Quand on est réélue alors que son parti est en déroute, c’est qu’on doit sa victoire à ses propres mérites.<br /> <br />  <br /> <br /> De 1992 à 1993, elle est nommée Ministre de l’Environnement dans le Gouvernement de Pierre Bérégovoy. Elle travaille sur le recyclage des déchets, sur les nuisances visuelles et sonores. Le recyclage des déchets en France, c’est elle. La loi contre le bruit, c’est elle. La loi sur l’eau, c’est elle sur une idée de son prédécesseur : Brice Lalonde.<br /> <br />  <br /> <br /> En 1997, elle est nommée Ministre Délégué à l’Enseignement Scolaire auprès du Ministre de l’Education Nationale, Claude Allègre. Pendant le temps où elle a occupé ce poste,  elle s’est beaucoup occupé des jeunes défavorisés en ZEP, a fait voter la loi contre le bizutage, a lutté contre la pédophilie et toutes les formes de violences faites aux enfants.<br /> <br />  <br /> <br /> De 2000 à 2001, elle est Ministre Délégué à la Famille et à l’Enfance puis de 2001 à 2002, même poste sauf qu’on y rajoute les personnes handicapées. C’est à ce moment qu’elle se fait connaître du grand public grâce à la loi sur l’autorité parentale.<br /> <br />  <br /> <br /> En mars 2004, elle est élue Président de la Région Poitou-Charentes, battant les amis de Raffarin dans son propre fief et devenant ainsi le symbole de la victoire de la Gauche aux régionales de 2004. Il faut savoir que surtout depuis les dernières lois de décentralisation, un Président de Région a une charge de travail comparable à celle d’un Ministre. D’ailleurs, en Allemagne par exemple, un Président de Région est appelé « Ministerpresident ». Les régions s’occupent de transport, des lycées, des universités, de logement, d’emploi etc… Et donc Ségolène Royal à ce poste utilise la taxation du permis de conduire pour le rendre gratuit pour les jeunes titulaires d’un CAP, une bourse de la découverte pour que tous les jeunes de la région puissent faire un stage à l’étranger, elle soutient la recherche en signant un partenariat avec des jeunes chercheurs, elle met en place le fait qu’aucune entreprise touchant des subventions de la Région ne doive délocaliser, elle développe les transports biocarburants et l’habitat écologique et elle fait relier toutes les petites communes à l’Internet haut débit.<br /> <br />  <br /> <br />             Bref, pour quelqu’un dont on dit qu’elle n’a pas d’expérience politique, c’est quand même pas mal.<br />             Pour en terminer sur le point de l’expérience, Corneille fait dire au Cid : <br /> « Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées,La valeur n'attend pas le nombre des années". Une bonne citation ne suffisant pas, je dirais aussi que certains hommes d’Etat ont eu une politique catastrophique avec beaucoup d’expérience (Chirac) et certains ont marqué l’Histoire à un moment où ils n’avaient aucune expérience politique (De Gaulle, Kennedy). Pour choisir un bon Président, il y’a en réalité plusieurs critères ; l’expérience en est un mais pas le seul. Il y’a aussi la volonté politique, le programme, l’autorité et les qualités humaines de la personne qui aspire à cette charge. Ségolène Royal n’est pas une grande économiste, elle bafouille parfois mais il y’a une chose en elle qui est une force et un optimisme face aux difficultés, une volonté de regarder vers l’avant, une vision et une démarche autant de choses qui font que pour moi, elle est prête à être notre Président.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Ceci m’amène à votre deuxième critique de la candidature de Ségolène Royal : son incompétence en matière d’économie. Si je vous disais que Ségolène Royal est une super économiste, je vous mentirais. C’est vrai, la compétence première de Ségolène Royal n’est pas et n’a jamais été l’économie. C’est vrai qu’en matière d’économie, il y’a des personnes plus compétentes qu’elle, à commencer par Dominique Strauss-Kahn (Laurent Fabius étant aussi plutôt bon dans ce domaine). Alors me direz-vous, pourquoi en étant parfaitement conscient de ce fait ai-je choisi de soutenir Ségolène Royal dés janvier 2006 ? Parce que la personne que nous devons élire est le Président de la République et non le Ministre de l’Economie. Or, un Président de la République selon notre Constitution, c’est quoi ? C’est, d’après l’article 5 de la Constitution un homme ou une femme qui veille au respect de la Constitution, qui assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat, c’est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des traités. Il nomme le  Premier Ministre et peut dissoudre l’Assemblée Nationale.<br />  <br /> <br />             Comme vous pouvez le voir, à aucun moment, quand on parle du Président de la République, on ne parle à aucun moment d’économie. On peut être un bon économiste et être Président comme Valéry Giscard d’Estaing le fut. On peut être nul en économie, être avocat et être un grand Président, ce qui fut le cas de François Mitterrand. Une partie du secret pour réussir son mandat est de s’entourer de gens compétents dans leurs domaines respectifs.<br />  <br /> <br />             Dans ce contexte, il n’est donc pas étonnant que Ségolène Royal ait demandé à Dominique Strauss-Kahn (celui qui a qualifié la France pour l’Euro) de prendre part à  un groupe de travail sur la fiscalité. L’option politique de Ségolène Royal étant que la fiscalité doit privilégier le travail et non le capital non productif comme c’est le cas actuellement ; ce sera à des économistes de donner les moyens techniques pour y parvenir.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Pour ce qui est de Nicolas Sarkozy, je précise tout de suite que si je respecte l’homme et lui reconnaît certaines qualités telles que le charisme, la détermination, le courage, je désapprouve non seulement sa politique (ce qui est normal vu que je suis de gauche et lui de droite) mais aussi certaines de ses méthodes. Nicolas Sarkozy est un homme qui a beau s’être battu pour en arriver là où il est, il a beau être un très bon négociateur, il n’en reste pas moins vrai que certaines de ses pratiques tant à la tête de l’UMP, qu’au Ministère de l’Intérieur, qu’à la Mairie de Neuilly sur Seine, laissent à penser que cet homme au poste de Président de la République représenterait un danger pour la démocratie et les libertés individuelles dans notre pays.           Il y’a même des gens de droite qui pensent comme moi ; c’est dire ! Comme je voudrais que vous réfléchissiez à ce problème par vous-même afin d’en tirer vos conclusions personnelles, je vous invite à vous poser les questions suivantes :<br />  <br /> <br />             -Qu’auraient fait François Mitterrand ou le Général de Gaulle si un de leurs Ministres de l’Intérieur s’était mis à critiquer ouvertement et ne visite à l’étranger la politique étrangère de la France ?<br />  <br /> <br />             -Est-il normal en démocratie qu’un Ministre de l’Intérieur (membre de l’exécutif) critique le travail de tout un tribunal (pouvoir judiciaire) ? –Si vous répondez oui à cette question, je vous invite à relire Montesquieu d’urgence.<br />  <br /> <br />             -Est-il normal que la personne qui organise les élections ne soit autre qu’un des candidats ?<br />  <br /> <br />             -Est-il normal en démocratie qu’un Ministre de l’Intérieur fasse licencier le rédacteur en chef d’un magazine parce que ce dernier a eu le malheur de publier une photo qui lui déplaisait ?<br />  <br /> <br />             -Est-il normal qu’un Ministre de l’Intérieur se débrouille pour faire annuler la publication d’un livre ?<br />  <br /> <br />             -Est-il humainement possible que le même homme soit : Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Président du Conseil Général des Hauts de Seine, chef du premier parti de France, candidat à l’élection présidentielle ?<br />  <br /> <br />             -Est-il normal que le Président du Conseil Général des Hauts de Seine fasse appel à la solidarité nationale afin de recouvrir l’Avenue du Général de Gaulle à Neuilly pour un coût de 700 millions d’Euro alors qu’il refusait obstinément de construire des logements sociaux dans cette commune quand il en était le Maire ?<br />  <br /> <br />             -Dans quelles conditions Nicolas Sarkozy est-il devenu Maire de Neuilly sur Seine en 1983 ?<br />  <br /> <br />             Quand je dis et j’assume « il ratisse large », vous admettrez que faire appel à des gens de gauche en faisant appel aux mémoires de Jean Jaurès et de Léon Blum (tous deux Socialistes notoires) après avoir tendu la main aux électeurs de Le Pen on peut aussi appeler ça faire un tour de cadran. Le Pen, c’est un populiste, condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme, il est aux antipodes du Gaullisme et de la Démocratie Chrétienne qui jusqu’à présent étaient les deux composantes de la Droite républicaine française d’après guerre. Quand à la Gauche, c’est l’opposé de la Droite. Oui, la Gauche n’a pas tout bien fait. Oui elle a commis des erreurs qui l’ont menée au 21 avril 2002. Oui, malheureusement, le premier parti ouvrier de France n’est plus le PCF mais le FN. Oui, cet état de fait, la Gauche en porte une part de responsabilité. La Gauche française a fait pendant des années de grandes théories qui l’ont éloignée des couches populaires, celles-là mêmes qu’elle est sensée représenter et de cela, Ségolène Royal a tiré toutes les conséquences de même qu’elle a su tirer les conséquence du non au référendum sur le traité constitutionnel européen.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Et là, j’en arrive à votre dernier point : « Mme Royal est pratiquement passée à droite ».<br />  <br /> <br />             C’est une fausse image qu’on donne d’elle. Elle est bien à gauche et sur certains sujets elle est plus à gauche que beaucoup.<br />  <br /> <br />             Cette sois disant droitisation de Ségolène Royal vient de quelque chose que certains à gauche n’aiment pas. Ségolène Royal est en train d’accomplir une véritable révolution culturelle dans le PS si ce n’est dans le pays. Cette chose est que depuis 1968, une des influences majeures dans la Gauche française est la tendance libertaire avec son fameux slogan : « Il est interdit d’interdire ». Il y’a des choses positives à retenir et à garder de Mai 68 comme la liberté sexuelle (la plus agréable), le fait qu’on prenne plus en considération les désirs des jeunes pour leur avenir, le fantastique mouvement pour la paix et contre la guerre du Vietnam (on a repris les mêmes slogans en 2003 pour l’Irak) mais ce « Il est interdit d’interdire » a créé de véritables catastrophes. Les Droits de l’Homme c’est ma liberté s’achève où commence celle des autres et non j’ai le droit de marcher sur les autres au nom de mal liberté. Elle ne le verbalise pas comme ça mais c’est ainsi que je l’analyse :<br />  <br /> <br />             Je suis né en 1971, j’ai 36 ans. J’appartiens à ce qu’on a appelé la génération X, la génération sans repères et qu’on appelle maintenant la génération Casimir (un gentil monstre orange que vous êtes sans doute trop jeune pour avoir connu), pour laquelle on organise des soirées gloubiboulga (le gloubiboulga, c’est le plat préféré de Casimir) et  des concerts de Chantal Goya (quand j’étais petit, c’était une chanteuse pour enfant, maintenant, les deux tiers de son public ont mon âge et elle leur chante les chansons d’alors). Vachement régressif le comportement de ma génération, vous ne trouvez pas ?<br />  <br /> <br />             Et bien quand je vous dirai comment on a banni la discipline de nos écoles au nom de ce principe « il est interdit d’interdire », que certains parents ne donnaient plus de principes ou de repères à leurs enfants. On m’a même dit que dans l’école maternelle ou va mon filleul, on laisse manger les enfants avec les mains ! Comment les enfants qui sont en maternelle maintenant se tiendront-il en société si on ne leur apprend pas les principes élémentaires. A force de tout laisser passer, de ne pas graduer les sanctions et surtout de fuir leurs responsabilités, les adultes ont laissé aux jeunes un système éducatif dégradé (et qu’on n’accuse pas les professeurs qui font ce qu’ils peuvent, c’est la société dans son entier qui est responsable de ce gâchis), le chômage etc… Dans le même ordre d’idée, on a accepté de donner des logements sociaux à des polygames. On a accepté tout et n’importe quoi y compris de personnes qui veulent détruire la démocratie. Ce « Il est interdit d’interdire » a transformé la France en une génération en un pays où tout le monde se sent en danger, où il y’a double digicodes partout, où on construit des murs entre les voisins, même en pleine campagne. Quand j’étais petit, je faisais des tours de vélo à des kilomètres de la maison de campagne. J’avais dix ans. Aucune mère d’aujourd’hui ne laisserait un enfant de 10 ans aller seul à vélo. Les enfants en ont perdu de la liberté en 25 ans et tout ça « parce qu’il est interdit d’interdire ».<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Les gens qui ont inventé ce slogan voulaient détruire un ordre bourgeois sans avoir conscience que les premières victimes du désordre, des violences, ce ne sont pas les bourgeois mais les plus modestes (et là, j’en reviens à ce qu’à dit Ségolène Royal sur le sujet). En novembre 2005, sont-ce des Mercedes, des Jaguar, Ferrari du XVIème qui ont brûlé ? Non, ce sont des voitures de modestes ouvriers et employés obligés de vivres dans les banlieues les plus sordides de France. L’insécurité est un problème qui n’est ni à droite, ni à gauche. Ca a été un sujet tabou au sein de la Gauche, grâce à Ségolène Royal ça ne l’est plus. Maintenant, pour traiter ce problème, il y’a des méthodes de droite et des méthodes de gauche. La Droite a souvent tendance à ne faire que de la répression, la Gauche beaucoup de prévention et peu de répression, je crois que d’ici mars, Ségolène Royal fera, comme elle en a déjà fait des propositions qui allient prévention, sanction et réinsertion (on oublie toujours la réinsertion).<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Oui, je le crois, la Gauche, c’est plus de liberté, c’est plus de partage mais en aucun cas, ce n’est le désordre et donc la sécurité n’est pas un thème réservé à la Droite pas plus que l’écologie ne l’est aux Verts.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Pour votre dernier paragraphe, ça tient un peu du travail personnel que tout citoyen doit faire. C’est la première élection présidentielle à laquelle vous allez participer. Ce qui est important, c’est de voter librement suivant votre conscience. C’est pourquoi, effectivement, il est important d’écouter les candidats, de lire leurs textes, leurs programmes, de se renseigner sur eux en lisant la presse (pas que la presse française d’ailleurs), même de lire des livres sur eux ou leurs biographies.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Et puis vient le temps des questions. Est-ce que cette personne est la mieux placée pour faire ce que lui demande la Constitution ? Est-ce que cette personne est bien entourée ? Est-ce que cette personne est loyale à sa Patrie et envers les Français ? Est-ce que j’ai confiance en cette personne ? Est-ce que cette personne saura mettre en place un Gouvernement qui relèvera les défis du pouvoir d’achat en baisse, de chômage, de la sécurité, du réchauffement climatique etc…<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Quand vous-vous serez posé ces questions là, vous saurez pour qui voter en votre âme et conscience. Personnellement, j’espère bien sûr que ce sera en fin de compte pour Ségolène Royal.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             En tous cas, si vous avez la moindre question ou la moindre remarque, n’hésitez pas.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br />             Bien à vous…<br />  <br /> <br /> <br />  <br />